L’UFC-Que Choisir dénonce les coûts et inégalités du déploiement du très haut débit

Dans une étude récemment publiée sur l’accès à l’internet fixe en France, l’UFC-Que Choisir s’alarme des coûts de la mise en œuvre du Plan France THD et de leurs incidences aussi bien sur la facture internet du consommateur que sur la fracture numérique.

Une fracture numérique de plus en plus prononcée

L’UFC-Que Choisir vient de publier une étude qui dresse un constat sévère de la transition vers le très haut débit. Censé réduire la fracture numérique, le plan France THD en serait plutôt un « catalyseur ».

En effet 7,5 millions de foyers français, soit 11 % de ces derniers, ne bénéficieraient pas d’un débit supérieur à 3 Mb/s.

Un ostracisme numérique qui concerne majoritairement les communes à très faible densité de population (moins de 1000 habitants) où peu d’habitants sont éligibles au THD contre une moyenne de 86,8 % dans les autres zones.

Cette situation découle du fait que le déploiement des réseaux de nouvelle génération (fibre optique, câble…) est prioritairement destiné aux territoires jouissant déjà d’une excellente connectivité en ADSL. C’est d’ailleurs ce que l’on retrouve actuellement au sein des cartes de couverture en fibre optique. La fracture numérique s’en retrouve ainsi augmentée au lieu d’être réduite.

Les objectifs du plan France Très Haut Débit sont ils réalisables ?

Amplificateur de la fracture numérique, le Plan France THD serait irréalisable dans sa forme actuelle. En effet, l’étude d’UFC-Que Choisir démontre que les principaux objectifs du projet sont quasiment impossibles à atteindre, notamment celui de raccorder l’ensemble du territoire d’ici 2022, principalement par une offre FTTH (à 80 %).

Avec seulement 49,7 % de foyers couverts en THD début 2017, le rythme actuel d’investissements et de développement des infrastructures ne permettrait d’atteindre l’objectif de 100 % de couverture qu’en 2035, soit avec 13 ans de retard.

Et même si une accélération des investissements aidait à se rapprocher de l’objectif initial, celui de raccorder en FTTH au moins 80 % de la population à la même échéance est tout simplement irréalisable.

Des offres internet inégales aujourd’hui et plus chères demain

En conséquence aux retards de déploiement des réseaux fibre, les prix des forfaits internet pourraient augmenter indépendamment de la technologie d’accès.

Ceci, à l’initiative de certains acteurs du secteur dont les propositions pour trouver le financement et accélérer le déploiement FTTH (hausse des tarifs du dégroupage et de location de ligne DSL) feraient augmenter de facto les prix des abonnements fibre.

Et l’inflation pourrait être plus importante (30 % de la facture finale) du fait d’un coût de location de la boucle locale deux fois plus élevé en fibre optique qu’en ADSL. Aussi, la position dominante d’Orange sur le marché n’est pas de nature à favoriser une baisse des coûts.

Les recommandations de l’UFC-Que Choisir

Face à cet état des lieux, l’association des consommateurs observe quelques propositions en vue d’améliorer la situation.

Sur la question de la fracture numérique, elle recommande plus de pragmatisme au gouvernement. Elle l’encourage notamment à consacrer davantage ses investissements au développement de solutions alternatives (comme la montée en débit sur les réseaux cuivre) afin d’améliorer le débit internet dans les nombreuses zones rurales « laissées pour compte », et de réduire rapidement la fracture numérique.

En ce qui concerne l’inflation des coûts d’abonnement, l’association préconise à l’ARCEP d’effectuer une analyse prospective sur l’évolution à long terme des tarifs d’accès à internet au regard des coûts de déploiement et d’accès aux réseaux FTTH. Elle demande également un retrait du projet de hausse des prix de l’ADSL.

Pour plus de détails, l’ensemble de l’étude et des recommandations de l’association de consommateurs sont disponibles ici.

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